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Le projet de recherche TapDep vise à tester en France une méthode de réduction des antidépresseurs déjà expérimentée aux Pays-Bas. Les bénéfices attendus de l’essai pour les patients sont la réduction des antidépresseurs, sans aggravation de l’état clinique, avec moins d’effets indésirables et une amélioration de la qualité de vie. Il s'agit du premier essai prospectif, multicentrique, randomisé, ouvert et contrôlé visant à évaluer cette méthode innovante. --- En France, la dépression touche 2,5 millions de personnes chaque année. En raison du rapport bénéfice/risque défavorable, le soutien à la réduction des médicaments gagne du terrain, sous l'impulsion d'une forte demande des patients qui subissent des effets indésirables et ont des difficultés à se sevrer des antidépresseurs. Le sevrage des antidépresseurs touche environ un tiers des patients, dont la moitié présente des symptômes sévères. La durée d'utilisation des psychotropes est corrélée au risque et à la sévérité du sevrage. Tous ces médicaments, lorsqu'ils sont utilisés à long terme, induisent des adaptations durables, augmentant le risque de syndrome de sevrage s'ils sont arrêtés brusquement. Le syndrome de sevrage est souvent interprété à tort comme une affection somatique ou une rechute, ce qui alimente la prescription persistante et conduit à des interventions inutiles et coûteuses. La méthode Horowitz-Taylor préconise une réduction « hyperbolique » des antidépresseurs, adaptée à chaque patient. Cette approche vise à minimiser la gravité du sevrage en ajustant la réduction de la dose en fonction de l'effet attendu sur les récepteurs cibles. Pour les antidépresseurs, cela signifie que la dose finale requise avant l'arrêt complet doit être beaucoup plus faible que celle des formulations commerciales. Aux Pays-Bas, des bandelettes personnalisées ont été mises au point pour faciliter la réduction hyperbolique (Taperingstrip). Des études prospectives, bien que non randomisées, indiquent que l'utilisation de ces bandelettes permet l'arrêt de l'antidépresseur sans rechute dans 71 % des cas, contre un taux de rechute de 50 % dans une cohorte témoin utilisant des méthodes conventionnelles. Dans un Taperingstrip, le médicament est conditionné en rouleau ou en bande de petits sachets quotidiens. Chaque sachet est numéroté et contient une dose identique ou légèrement inférieure à celle de sachet précédent. Les Taperingstrips sont présentées en série couvrant 28 jours et les patients peuvent utiliser une ou plusieurs bandelettes effilées pour réguler le rythme de leur réduction de dose au fil du temps. Les informations sur la dose et le jour imprimées sur chaque sachet permettent aux patients d’enregistrer et de surveiller avec précision la progression de leur réduction. Le projet de recherche TapDep, porté par les Hôpitaux Paris Est Val de Marne, avec le soutien du CHI de Créteil et du GCS pour la recherche et la formation en santé mentale du Centre collaborateur de l’OMS de Lille, vise à tester cette méthode en France, suite à l’obtention d’un financement au titre du Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC). Initiée par des hôpitaux spécialisés, cette recherche sera déployée au niveau national, les sites investigateurs étant situés dans les établissements membres du groupement du CCOMS (GCS).
Quelques chiffres :
Les acteurs de la recherche : Les Hôpitaux Paris Est Val-de-Marne GCS pour la recherche et la formation en santé mentale Centre hospitalier intercommunal de Créteil
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